Ditesmoi que vous ne comprenez pas ce que je vis, mais que vous pensez Ă  moi. Dites-moi que vous allez venir me faire un souper (et faites-le pour vrai), car je n'ai pas l'Ă©nergie pour ça. Dites-moi que vous ne savez pas quoi me dire, car vous savez que ma douleur est horrible. Demandez-moi ce que vous pouvez faire pour moi; je vais vous le dire. Unelettre qu’il ne lira pas et que vous ne conserverez pas - cette lettre servira Ă  vous libĂ©rer de ce qui vous chicote. Je vous explique. Je vous explique. Il est fort probable que vous ayez Ă©crit dans son livre de bĂ©bĂ©, mais cet exercice que je recommande dans mon livre « Être maman pour le meilleur et pour le pire » a un autre but. mafille vient de perdre son conjoint (suicide par pendaison) rien ne prĂ©sageait cet acte. IL laisse 3 enfants 8 – 6 et 4 ans. l’ainĂ© est trĂšs en colĂšre il nous fait des crises de mĂ©chancetĂ© en vers sa maman il lui dit que c’est elle qui aurait du mourir. c’est vraiment trĂšs douloureux. il Ă©tait trĂšs proche de son papa. nous ne savons pas comment faire. RĂ©pondre. Desphrases comme « Tu n’es plus ma maman (ou mon papa) » ou « Je ne t’aime plus! » sont frĂ©quentes chez les tout-petits. Il arrive aussi que les enfants un peu plus vieux s’emportent et disent des choses comme « Je te dĂ©teste ». Ces mots sont exprimĂ©s sous le coup de l’émotion. Certains enfants vont mĂȘme jusqu’à dire qu Ilest certainement regrettable qu’une telle solution souple et adaptĂ©e ne soit pas recherchĂ©e plus souvent , au profit de dĂ©cisions extrĂȘmes qui ne prĂ©servent guĂšre l’affectivitĂ© et l’équilibre du petit enfant. 2 – La rĂ©sidence alternĂ©e est pour le petit enfant une solution Ă  haut risque. LemĂ©decin peut prescrire des antispasmodiques (type SpasfonÂź) ou des anti-inflammatoires (ibuprofĂšne) mais pas d’aspirine qui fait saigner. DĂšs qu’elle a Familled’accueil, quand ça vire au cauchemars. Aujourd’hui, je laisse la parole Ă  une maman d’une tribu XXL, assistante familiale ou famille d’accueil. Elle a elle-mĂȘme Ă©tĂ© accueillie dans la famille de la nounou en or qui me gardait Ă©tant petite et qui a transmis le virus Ă  ses enfants! Cette maman est mariĂ©e avec le fils Jai conscience que ce que je dis lĂ  peut ĂȘtre difficile Ă  entendre, mais l'expĂ©rience de la perte d'un proche ne laisse pas indemne, et sort Direque vous ĂȘtes dĂ©solĂ© ne sert strictement Ă  rien, et vous ne pouvez pas savoir ce que ressent quelqu’un qui essaye de gĂ©rer le deuil d’un enfant tout en essayant de trouver en soi assez de ressources pour survivre au yoyo Ă©motionnel dans l’antichambre de l’enfer que sont les Soins Intensifs NĂ©onataux. Aucunmot ne peut consoler la peine liĂ©e Ă  la perte d’une personne aussi chĂšre que sa mĂšre, je le sais. Je me permets juste d’imaginer ta douleur et ta tristesse au nom de cette forte amitiĂ© qui nous lie toutes les deux. ryNfR. Perdre un parent c'est aussi prendre conscience de sa propre mortalitĂ©. Istock Un jour, alors qu'on est soi mĂȘme parvenu Ă  l'Ăąge adulte, notre parent dĂ©cĂšde. Que sa mort survienne de façon soudaine ou aprĂšs une longue maladie, elle marque un tournant dans la vie de l'enfant adulte qui se retrouve alors orphelin de pĂšre ou de mĂšre. Le vĂ©cu de ce tournant intĂ©rieur est parfois subtil, sans incidence majeure sur le cours de la vie, parfois chaotique quand il fragilise l'enfant adulte sur ses bases, au point de parasiter son quotidien. L'enfant adulte va suivre les Ă©tapes du deuil classiques, mais il s'ajoute ici des spĂ©cificitĂ©s qu'il est important de comprendre, l'enfant adulte Ă©tant parfois dĂ©routĂ© par l'intensitĂ© de son ressenti Ă  la mort de son parent. Un sentiment de vulnĂ©rabilitĂ©La perte d'un parent induit parfois au fil des mois un sourd sentiment de vulnĂ©rabilitĂ© ou d'insĂ©curitĂ©. De façon plus ou moins consciente et mĂȘme si ce parent a Ă©tĂ© dysfonctionnel au cours de sa vie, le Parent avec un "P" majuscule - c'est Ă  dire le "parent idĂ©al" reprĂ©sente, dans l'absolu, l'ultime refuge de l'enfant face aux assauts de la vie, le lieu de sĂ©curitĂ© oĂč il peut toujours revenir quand il se sent en insĂ©curitĂ© dans son existence. La perte de cette reprĂ©sentation inconsciente et idĂ©alisĂ©e du Parent qu'elle corresponde ou non Ă  une rĂ©alitĂ© traduit Ă©galement la perte d'une source d'amour inconditionnel, ainsi que la perte d'un repĂšre de vie essentiel pour l'enfant- qu'il soit petit ou adulte. Offre limitĂ©e. 2 mois pour 1€ sans engagement Pour l'enfant adulte d'ailleurs, la perte Ă©quivaut Ă  une perte partielle de son histoire d'enfant son parent Ă©tait, de fait, dĂ©positaire de souvenirs de lui/elle, enfant, et plus personne dĂ©sormais ne pourra Ă©voquer ces souvenirs d'autrefois. Ils disparaissent avec ce parent... Ce n'est donc pas qu'un parent que l'on perd, on perd aussi une partie de son ĂȘtre et un pilier de sĂ©curitĂ© de son existence mĂȘme si le parent du RĂ©el n'Ă©tait peut ĂȘtre pas ce parent "pilier de sĂ©curitĂ©"; on perd davantage la reprĂ©sentation de ce qu'on aurait espĂ©rĂ© que ce parent soit. Ainsi, mĂȘme si la relation avec son parent n'Ă©tait pas harmonieuse, beaucoup ont la surprise de constater qu'ils/elles sont trĂšs touchĂ©s et affectĂ©s par son dĂ©cĂšs en effet, au-delĂ  de la peine de la perte de ce parent du rĂ©el, c'est le Parent ArchĂ©typal, le Parent Protecteur qui meurt et on se retrouve orphelin de ce Parent lĂ . Une disparition qui ferme la possibilitĂ© de dialogue et de rĂ©parationLe dĂ©cĂšs du parent met l'enfant adulte au pied du mur si la relation avec son parent Ă©tait difficile ou conflictuelle, sa disparition ferme dĂ©finitivement toute possibilitĂ© de dialogue et de rĂ©paration des griefs d'autrefois. C'est ce que la psychiatre Elisabeth KĂŒbler Ross Les derniers Instants de la Vie nomme l' "unfinished business" ou les "affaires en suspens". Il s'agit de tout ce qu'on ne pourra plus "rĂ©gler" avec son parent, du fait de son dĂ©cĂšs. L'enfant adulte se retrouve seul avec sa colĂšre ou son ressentiment vis-Ă -vis des carences de son parent au cours de leur relation. Il doit renoncer Ă  recevoir l'amour dont il estime peut ĂȘtre avoir Ă©tĂ© privĂ©, il doit renoncer Ă  ces explications dont il pense avoir tant besoin pour avancer dans sa propre vie -discussions qu'il n'a jamais pu avoir avec son parent de son vivant- il est aujourd'hui privĂ© de l'opportunitĂ© de dire Ă  son parent son amour, alors qu'il n'a jamais su ou osĂ© le faire auparavant, il ne peut plus lui dire "pardon" ou lui accorder son pardon. Il se fait le reproche de toutes ses occasions perdues de nommer ce qui aurait pu l'ĂȘtre, en remettant toujours ces Ă©changes Ă  plus tard, jusqu'Ă  ce qu'il soit aujourd'hui trop tard. Tout ceci souligne combien il est essentiel de tenter avec succĂšs ou non d'ouvrir le dialogue avec son parent, de son vivant, si on porte en soi des mots -et des maux- qu'on a besoin d'Ă©changer avec lui. Cela reste possible jusqu'aux derniers instants, dans l'accompagnement de fin de vie ou mĂȘme lors de l'ultime au revoir. C'est l'opportunitĂ©, si on peut la saisir, si le parent s'y ouvre lui mĂȘme et si les circonstances le permettent, de faire enfin la paix et de se dĂ©barrasser de pesanteurs qui se manifesteront presqu'inĂ©vitablement durant le deuil. C'est peut ĂȘtre lĂ  aussi oĂč l'enfant adulte accepte de "lĂącher prise" et de renoncer dĂ©finitivement Ă  obtenir coĂ»te que coĂ»te rĂ©paration de ses griefs rĂ©els ou non Ă  l'Ă©gard de son parent. La nĂ©vrose parvient parfois Ă  s'incliner devant la mort. Le moment de prendre soin de "l'autre parent"Le dĂ©cĂšs d'un parent expose l'autre parent Ă  la solitude, s'il est encore vivant. L'enfant adulte se retrouve alors avec la tĂąche de prendre soin Ă  la fois de son deuil et de celui de son parent. Il prend Ă©galement conscience qu'il peut ĂȘtre amenĂ© Ă  s'occuper -voire mĂȘme prendre en charge- son parent en deuil dans la gestion de son quotidien, au point parfois de devenir le "parent de son propre parent" avec toute le trouble qu'induit une telle situation. C'est lĂ  oĂč la fratrie est soumise Ă  une forte pression qui va s'occuper de Maman? Qui va prendre en charge Papa? L'enfant adulte va trĂšs souvent se rendre compte qu'il a du mal Ă  trouver sa place dans le deuil de son parent tandis qu'il a besoin que son parent valide sa peine d'avoir perdu son autre parent, il constate que son parent fait peu de cas de sa peine, tant il est happĂ© par sa propre souffrance! L'autre parent se vit avant tout comme un conjoint en deuil et sa vie s'effondre par la perte de son compagnon ou sa compagne de vie il lui est difficile d'accorder attention Ă  la peine de ses enfants, la considĂ©rant parfois comme mineure ou moindre par rapport Ă  la sienne. Cela peut ĂȘtre difficile Ă  vivre pour les enfants qui auraient besoin d'un minimum de reconnaissance de ce qu'ils traversent Ă©motionnellement, faisant le triste constat que leur parent en deuil n'a parfois mĂȘme pas conscience de leur tristesse. Ils n'ont pas d'autre choix que de lĂącher leur attente et c'est un autre renoncement auquel ils doivent faire face. Un Ă©trange sentiment de soulagement L'enfant adulte a parfois un troublant ressenti de soulagement au dĂ©cĂšs de son parent. Ceci n'est absolument pas en contradiction avec le fait qu'il souffre de la disparition de son parent qui aimait peut ĂȘtre plus que tout. Ce soulagement -qui n'est bien sĂ»r pas prĂ©sent chez tous les enfants adultes en deuil- est trĂšs subtil et se dĂ©cline sur deux axes le premier est un soulagement face Ă  l'arrĂȘt de la souffrance de son parent -celui-ci ne doit plus dĂ©sormais s'Ă©puiser Ă  lutter contre son cancer, il est enfin affranchi de l'enfer de l'Alzheimer etc. Sa mort signe la fin de ses tourments et ceci est source d'apaisement pour l'enfant adulte. Le deuxiĂšme axe est plus intime. Le parent a Ă©tĂ© celui qui a rĂ©gi une partie de l'existence de l'enfant. Son influence, son jugement, ses critiques parfois affectent et influencent profondĂ©ment l'enfant, mĂȘme quand celui-ci atteint l'Ăąge adulte. Combien d'hommes et de femmes adultes continuent Ă  moduler leurs choix et leurs dĂ©cisions consciemment ou non en fonction de ce qu'ils croient que leur parent va en penser? Avec le dĂ©cĂšs du parent, c'est comme si l' "Oeil de Moscou" se fermait Ă  tout jamais l'enfant adulte n'a plus de "compte Ă  rendre", il n'a plus de dĂ©cisions Ă  prendre en prenant plus ou moins consciemment en compte les jugements ou critiques potentielles de son parent. La mort du parent rĂ©duit son emprise psychique sur l'enfant adulte, mĂȘme s'il n'avait pas conscience d'ĂȘtre sous cette influence. Il en rĂ©sulte souvent un sentiment de libertĂ© que l'enfant adulte ne parvient pas toujours Ă  s'expliquer. Il se culpabilise mĂȘme de ressentir cet embarrassant soulagement, alors mĂȘme que son parent est dĂ©cĂ©dĂ© et qu'il se dit qu'il devrait ĂȘtre totalement Ă©crasĂ© de douleur. Ce sentiment n'est pas antinomique de la peine, il n'est pas non plus antinomique de l'amour mĂȘme des personnes ayant des relations paisibles avec leur parent peuvent Ă©prouver ce subtil ressenti de libertĂ©. Il n'a pas lieu de se culpabiliser. C'est un mouvement naturel du deuil qui parle de l'affranchissement intĂ©rieur d'une contrainte psychique parfois inhibante. Le soulagement provient Ă©galement du constat que le processus de deuil ouvre, au fil des mois ou des annĂ©es, Ă  une relation intĂ©rieure plus pacifiĂ©e et plus profonde avec son parent, comme si le travail de deuil permettrait de "nettoyer" les composantes nĂ©vrotiques de la relation pour n'en conserver que les aspects positifs. Devenir enfin! adulteIl est Ă©tonnant de souligner, au delĂ  de la peine du deuil, combien beaucoup d'enfants adultes ayant perdu un ou deux de leurs parents rapporte un sentiment de devenir enfin adulte "dans leur tĂȘte". Ils ne sont plus les enfants de quelqu'un. Ils prennent davantage conscience de leur propre mortalitĂ©, ce qui peut induire une certaine urgence Ă  s'accomplir dans toutes les dimensions de leur ĂȘtre avant de disparaĂźtre Ă  leur tour. On peut aussi se sentir plus adulte en intĂ©grant en soi ce parent disparu. Par ce qu'on appelle les "identifications positives", on fait vivre son parent Ă  travers soi par tout ce que l'on est devenu grĂące Ă  lui on lui rend hommage par la transmission Ă  ses propres enfants des valeurs ou principes de vie qu'il nous a transmis, on poursuit une action en son nom ou un projet qui lui tenait Ă  coeur et que l'on s'approprie... On comprend en quoi ce parent nous a inspirĂ© et combien on a grandi grĂące Ă  lui. Il s'Ă©lĂšve alors en soi un doux mouvement de gratitude quand on mesure alors tout l'amour qui nous a Ă©tĂ© donnĂ©- sans compter. Le Dr Christophe FaurĂ© est psychiatre - psychothĂ©rapeute en pratique libĂ©rale Ă  Paris. Il est auteur de nombreux ouvrages chez Albin Michel, dont Vivre le deuil au jour le jour, AprĂšs le suicide d'un proche, et Comment t'aimer toi et tes enfants? Le dĂ©fi de la famille recomposĂ©e, Albin Michel. Les plus lus OpinionsTribunePar Carlo Ratti*ChroniquePar Antoine BuĂ©no*ChroniqueJean-Laurent Cassely Vous souhaitez prĂ©senter vos condolĂ©ances Ă  une collĂšgue de travail qui vient de perdre un ĂȘtre cher. Vous lui adressez ce texte de condolĂ©ance par Ă©crit. Ce modĂšle de lettre gratuite vous permet d'envoyer vos condolĂ©ances Ă  une collĂšgue de travail que vous apprĂ©ciez et qui vient de perdre son conjoint. Paris, le 28 aoĂ»t 2022. ChĂšre Julie, Je viens d'apprendre avec tristesse la disparition de ton Ă©poux [Indiquer le prĂ©nom de la personne dĂ©cĂ©dĂ©], dont tu m'as tant parlĂ©. L'ensemble des membres [de l'Ă©quipe / du service] se joint Ă  moi pour te prĂ©senter nos plus sincĂšres condolĂ©ances. Saches que tu peux compter sur notre soutien durant cette difficile Ă©preuve que tu traverses avec ta famille. La perte d'un ĂȘtre cher n'est jamais facile Ă  vivre et nous te souhaitons beaucoup de courage dans ces moments douloureux. Puissent mes condolĂ©ances t'apporter un peu de rĂ©confort. Notre modĂšle de lettre CondolĂ©ances Ă  une collĂšgue de travail ayant perdu son conjoint » vous est proposĂ© gratuitement sur ! Modifiez ou utilisez gratuitement ce modĂšle de lettre pour rĂ©diger votre courrier. Vous pouvez aussi tĂ©lĂ©charger et imprimer la lettre CondolĂ©ances Ă  une collĂšgue de travail ayant perdu son conjoint » AprĂšs une fausse couche, les mots qui aident Un bĂ©bĂ© non voulu, que faire ? Comment accueillir cet enfant non-programmĂ© ? Que signifie ĂȘtre prĂȘt Ă  accueillir le nouveau venu ? BĂ©bĂ© non voulu... Trop tĂŽt, trop tard, ou simplement "en trop", parce qu'il y a dĂ©jĂ  plusieurs enfants Ă  la maison. La caractĂ©ristique du bĂ©bĂ© surprise, c'est prĂ©cisĂ©ment d'ĂȘtre le grain de sable qui vient gripper la mĂ©canique bien huilĂ©e de nos projets. Contrairement aux idĂ©es reçues, ces grossesses inopinĂ©es sont loin d'ĂȘtre rĂ©servĂ©es aux adolescentes mal informĂ©es Ă  peine 2% des naissances, mais surviennent dans tous les milieux et Ă  tous les Ăąges de la vie. MĂȘme chez des mĂšres de familles nombreuses a priori averties ! Comme des passagers clandestins, les bĂ©bĂ©s surprises embarquent ainsi dans la vie de leurs parents Ă  la faveur d'un accroc du destin. Et s'ils contrarient sur le moment les trajectoires bien tracĂ©es, nombreux sont ceux qui, en dĂ©finitive, savent prendre toute leur place dans le cƓur de ceux qui n'avaient pas choisi de les mettre au monde. TrĂšs jeune mĂšre Blandine, rejoint malgrĂ© elle le bataillon des toutes jeunes mĂšres celle que l'on prend encore souvent, Ă  25 ans, pour la baby-sitter de son fils Gabriel 6 ans ce mois-ci s'est retrouvĂ©e enceinte alors qu'elle vivait encore chez ses parents. "J'Ă©tais en 2Ăšme annĂ©e de droit, je connaissais le papa depuis 9 mois, on Ă©tait jeunes, amoureux
 Mais on n'avait Ă©videmment pas prĂ©vu d'ĂȘtre parents si tĂŽt ! Et pour Thibaut et moi, garder ce bĂ©bĂ©, c'Ă©tait comme un challenge. Car, passer des examens de licence une semaine aprĂšs avoir accouchĂ©, ça n'a rien d'Ă©vident !" Du cĂŽtĂ© de l'entourage, la nouvelle fait souvent l'effet d'une petite bombe. "Pour ma mĂšre, ça a Ă©tĂ© trĂšs dur de se retrouver grand-mĂšre Ă  42 ans. Nos amis, eux, flippaient Ă  l'idĂ©e qu'on ne serait plus disponibles", se souvient Blandine. La norme du bĂ©bĂ© programmĂ© Sortir de la norme du bĂ©bĂ© programmĂ© au "bon" moment, c'est effectivement s'exposer Ă  des regards surpris, voire Ă  une franche incomprĂ©hension. 
 "Une catastrophe ! " Le jour oĂč son test de grossesse s'est rĂ©vĂ©lĂ© positif, Delphine a cru que le ciel lui tombait sur la tĂȘte. A 44 ans, elle avait fait depuis longtemps le choix d'une vie sans enfant. "Ma libertĂ©, c'est sacrĂ©, explique-t-elle. Alors, un bĂ©bĂ© ! J'ai ruminĂ© la nouvelle pendant trois jours, et pleurĂ©, pleuré  Si mon ami ne m'avait pas dit "On le garde", j'aurais envisagĂ© une IVG." Aujourd'hui, maman d'un petit François de 11 mois, Delphine n'est toujours pas revenue de sa mĂ©tamorphose. "Un bĂ©bĂ©, c'est fabuleux, ça apporte un Ă©quilibre incroyable, s'enthousiasme-t-elle. J'ai arrĂȘtĂ© le nombrilisme, j'ai construit quelque chose." Et de conclure, pensive "C'est ce qui s'appelle un heureux accident." Marie-JosĂ©, 45 ans, mariĂ©e, mĂšre de 4 enfants 24, 17, 11 et 2 ans est tombĂ©e enceinte de sa derniĂšre Ă  43 ans. J’ai pensĂ© Ă  l’IVG, parce qu’au niveau financier, c’était pas possible d’avoir un 4Ăšme, mais en fait, je voulais pas trop. Mon mari, lui, Ă©tait pour l’IVG. Je me suis rendue compte que j’étais enceinte Ă  environ deux mois de grossesse. J’ai essayĂ© d’avorter Ă  Paris, mais le mĂ©decin n’a pas voulu. Impossible d’aller Ă  l’étranger, c’était trop cher. Du coup, Ă  la fin, j’ai dĂ©cidĂ© de le garder. Maintenant, c’est une belle petite fille. Elle a 2 ans, elle s’appelle StĂ©phanie. Finalement, je suis bien contente d’avoir cette petite fille." Accueillir la surprise de ce bĂ©bĂ© non dĂ©sirĂ© "Je sais, se laisser surprendre aprĂšs 3 enfants, ça paraĂźt complĂštement fou, convient Claire, 38 ans. Mais j'en avais assez de la pilule 
. Je suis restĂ©e ainsi un an Ă  jouer au "pas vu, pas pris". Jusqu'au jour oĂč
" MĂȘme quand, a priori, on est ouvert Ă  l'arrivĂ©e d'un enfant supplĂ©mentaire, le choix d'accueillir le trouble-fĂȘte reste une dĂ©cision difficile Ă  assumer. "Je m'Ă©tais toujours dit si un jour arrive un enfant non attendu, je le garde. Mais quand RaphaĂ«l s'est annoncĂ© six mois aprĂšs son grand frĂšre, raconte AnaĂŻs, ça m'a fait un choc. Moi qui voulais Ă©voluer dans mon mĂ©tier d'infirmiĂšre, j'Ă©tais bonne pour un nouveau congĂ© de maternitĂ© ! Le plus partant, finalement, c'Ă©tait mon mari." Le dĂ©sir d'enfant est irrationnel "Depuis l'avĂšnement de la contraception, nous vivons dans l'illusion d'une maĂźtrise totale de la procrĂ©ation. Or le dĂ©sir d'enfant garde une dimension irrationnelle. A cĂŽtĂ© du bĂ©bĂ© dĂ», programmĂ©, le bĂ©bĂ© "don", celui dont on disait justement autrefois qu'il Ă©tait "l'enfant du dĂ©sir", n'a pas disparu. Chez certains couples, il peut mĂȘme y avoir une satisfaction Ă  ne pas tout maĂźtriser", observe Liliane F. , psychanalyste au service maternitĂ© obstĂ©trique de l'hĂŽpital franco-britannique Levallois. Blandine, Ă  sa façon, illustre bien cette attitude paradoxale qui consiste Ă  
 choisir de ne pas choisir "Je suis quelqu'un de trĂšs organisĂ©e par ailleurs, mais je trouve sympa de prendre son bĂ©bĂ© comme un cadeau, sans se dire "voilĂ , il va arriver Ă  tel moment. D'ailleurs, le frĂšre de Gabriel, Vincent, est lui aussi arrivĂ© un peu en avance
" tĂ©moigne-t-elle, un peu gĂȘnĂ©e tout de mĂȘme de passer pour une rĂ©cidiviste ! Enfants non attendus et profondĂ©ment dĂ©sirĂ©s De fait, il est des enfants non "attendus" qui sont, de façon inconsciente, profondĂ©ment dĂ©sirĂ©s. "Si j'ai tellement tardĂ© Ă  reprendre une contraception, c'est peut-ĂȘtre parce que je voulais laisser une porte ouverte", analyse aujourd'hui Claire. MayalĂšne, qui s'est emmĂȘlĂ©e dans ses cycles, alors qu'elle les connaĂźt parfaitement, avance une explication voisine "Je suis tombĂ©e enceinte la semaine oĂč ma nouvelle chef est arrivĂ©e. Une chef avec qui, comme par hasard, je n'avais aucune envie de travailler." "Certains enfants non dĂ©sirĂ©s peuvent ĂȘtre, par la suite, aimĂ©s autant, voire plus que les autres. A l'inverse, ĂȘtre trĂšs dĂ©sirĂ© n'est nullement une garantie de bonheur pour un enfant." note la psychanalyste GeneviĂšve Delaiside Parseval 
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que dire Ă  une maman qui a perdu son fils